Philosophie (3) - 5 secondes de déraison

L’histoire de la Terre est jeune de ses 4,5 milliards d’années d’existence. Si l’on ramène ce vécu à l’échelle d’une journée de 24 heures, l’homme naît à 23h59’55’’. En d’autres termes, il n’aura fallu à l’homme que 5 secondes de vie pour bouleverser un écosystème mondial qui aura mis plusieurs milliards d’années pour réussir à créer, gérer et stabiliser des biotopes dont le degré de complexité et d’interdépendance atteint des niveaux inégalés.


L’homme ne peut pas se permettre d’assister passivement à la destruction de son patrimoine maternel. Il doit retrouver la conscience de ses actes, renouer avec la raison, poser un nouveau sens tout en donnant un sens nouveau à ses actions à venir et sortir de la crise qu’il a, à bien des égards, causée.

Étymologiquement parlant, le mot crise associe d’abord les sens de « décision » et de « jugement » ; En grec, Krisis, (Κρίσις) signifie discerner, prendre une décision entre deux choix possibles. La crise est une situation insolite, caractérisée par son instabilité, qui oblige à adopter des comportements spécifiques, pour revenir au mode usuel de vie.


Aussi, ce mot, enfanté par son ancêtre latin crisis, renvoie à une manifestation violente de la maladie. C'est le moment paroxystique d'une maladie, quand elle s'exprime le plus vivement et qu'elle s'accompagne d'un changement de symptômes : des sueurs, une hémorragie abondante, des tremblements violents, etc.


La crise dans laquelle se trouve le monde mais aussi l’homme conjugue la puissance de ces deux racines grecque et latine. L’homme est malade, en proie à une aliénation schizophrénique entre la réalité des choses (la vie telle qu’elle est) et ses désirs (la vie telle qu’il l’imagine, la rêve, la dompte) le mettant dans un état d’anosognosie modéré mais profond. Il n’a pas conscience de son état et persévère, s’acharne mu par des idéaux de grandeur, de pouvoir, de domination et une sacro-sainte vision d’un monde aux ressources infinies n’ayant pour seule limite que la créativité humaine. Mais peu à peu il sort de son inconscience alerté par les résultats de son examen et l’évaluation des dégâts causés par son action (autant de résultats qui se manifestent à lui d’eux-mêmes). Il ne peut plus nier son état.

Ainsi donc, l’homme doit faire un choix : guérir ou se regarder mourir. Se réconcilier avec lui-même ou ne rien faire, attendre que le « sort » décide pour lui.

Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l’être, mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre (Marc Aurèle)


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