Philosophie (2) - Un Homme en crise, vision opportuniste du Monde

Comme le disais très justement Diogène à son époque, et nous mesurons chaque jour l’actualité de son précepte antique, « les choses nécessaires coûtent peu, les choses superflues coûtent cher ». D’aucuns diraient aujourd’hui, cette vision, sans remise en cause de ses fondements, nous coûterait le Monde.


Cette vision des faits, sont l’aveu d’un échec, ils sont d’eux-mêmes la confession d’une humanité dont les agissements ont mené à la 6e extinction, appellation à laquelle est particulièrement attachée Elizabeth Kolbert, journaliste et auteure d’un ouvrage au titre éponyme. Cet ouvrage a remporté un prix Pulitzer dans la catégorie non-fiction. J’insiste sur la dénomination de la catégorie : non-fiction. La question éminemment centrale qu’elle soulève est la suivante : « Les hommes sont-ils condamnés à devenir les victimes de leur propre négligence en matière environnementale ? ».


C’est un sujet fortement préoccupant, car, contrairement aux 5 précédentes extinctions, nous en sommes les seuls responsables. Une étude réalisée par le National Geographic, publiée en juin 2013, dans Science Advances, rapporte le taux d’extinction des espèces à un facteur 100. 100 fois plus élevé que l’action du météore tombé, un beau jour de l’ère du Crétacé, dans ce que l’on appelle aujourd’hui le golf du Mexique (Yucatan), emportant avec lui les dinosaures. La nuance apportée par l’étude est d’autant plus préoccupante qu’elle précise ne prendre en compte que les animaux dont nous avons une bonne connaissance, faisant fi des faunes océaniques, forestières et autres créées par notre mère Nature et encore inconnues de nous. Ces espèces disparaîtront avant même que nous les ayons découvertes. Le constat n’en est que plus alarmant.


Un changement d’angle de vue s’impose afin de comprendre que la situation actuelle et la position de l’homme face au monde, mais aussi face à lui-même, bien que critique, n’est pas dénuée d’espoirs, n’est pas un drame et qu’elle recèle autant d’éléments positifs sur lesquels bâtir un avenir durable.


D’abord, cette situation nous oblige à revêtir une posture d’humilité et de modération au sens vertueux défendu par Aristote dans son Ethique à Nicomaque où il expose la juste mesure entre les extrêmes qui sont nuisibles. Elle nous pousse à accepter la vie telle qu’elle est (dans son acceptation de l’expression en son sens d’ensemble de ressources et d’interactions limitées), non pas comme nous la rêvons.

Ensuite, elle exige une prise de conscience de soi, un redressement de soi face à l’échec en le voyant comme une source d’apprentissage, non pas comme une fin en soi. La culte de l’échec est un driver important de nos sociétés. Or, l’échec est un professeur, qui édifie notre savoir et aiguise notre savoir-être. C’est une étape éprouvante, source de souffrance mais nécessaire à notre évolution. Car si le monde est en crise, l'homme l’est tout autant.


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